GTM sur le développement de l’IA ( Intelligence Artificielle) du 23 mai 2026

« Nous sommes à un moment crucial de l’histoire de ce ministère ! »

C’est par cette phrase que l’UNSA Finances a ouvert son intervention.

Ce GT ministériel conviait les organisations syndicales à échanger autour des questions de l’IA et présentait :

  • Les résultats de l’étude relative à l’impact de l’IA sur les métiers du contrôle et de l’enquête au sein des MEF
  • L’expérimentation de l’Assistant IA Mistral
  • L’expérimentation Safe Brain au sein du SRH (Service Ressources Humaines du Secrétariat Général).

Autour des discussions qui se sont engagées sur ces dossiers, il apparait clairement que si l’Etat investit financièrement beaucoup dans l’IA dans la fonction publique, il ne porte pour l’instant que peu d’attention au devenir des agents et des cadres.

Bien sûr, il y a quelques formations de base à l’IA, « formation d’Acculturation » : c’est le grand terme intellectuel pour désigner la formation de base à destination des agents et cadres qui découvre l’IA.

L’UNSA a de nouveau dénoncé cette formation via Mentor qui n’est pas éducative, qui emploie trop de mots complexes et qui décourage les agents. Les remontées des services sont nombreuses et négatives pour cette formation OGLIGATOIRE ( Oui une de plus !!) .

Mais l’administration est incapable de nous donner les évaluations. Bizarre !

Côté avenir des métiers et des compétences, RIEN !

Comme cela fut le cas depuis 20 ans, le ministère, soit est incapable de réfléchir sur son avenir, soit ne souhaite pas en discuter avec les organisations syndicales.

Quand vous leur parler de GPEC ( Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences), ils détournent le regard ou plongent les yeux  dans leurs notes espérant y trouver un échappatoire discret.

Qu’est-ce que la GPEC : La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) est une méthode pour adapter, à court et moyen termes, les emplois, les effectifs et les compétences aux exigences issues de la stratégie des administrations et des modifications de leurs environnements économique, technologique et social.

Avec le développement de l’IA dans nos métiers, c’est pourtant ce qui serait le plus opportun de faire. Il faudrait être ensemble capables de :  

  • Réaliser un diagnostic des emplois et des compétences qui seront touchés par le développement de l’IA
  • Construire une vision prospective des emplois et des compétences à 10 ans pour anticiper les besoins en technicité et former les agents et les cadres en conséquence.

Et c’est surtout une des préconisations qui ressort du rapport de l’INRIA ( Institut National de Recherche sur l’IA) sur les métiers du Contrôle Fiscal.

Que dit ce Rapport ?

L’INRIA qui a donc suivi des équipes de travail issues des services de contrôle fiscal et d’enquête et qui s’est penché sur l’incidence des développements de l’IA sur les métiers et missions, propose 3 axes de travail entre le ministère et les organisations syndicales :

  • Créer un répertoire ministériel des SIA : Systèmes d’IA
  • Avoir et suivre une stratégie Ministérielle de développement de l’IA
  • Avoir un dialogue social permanent sur l’IA avec les syndicats
  • Avoir une stratégie GPEC ministérielle pour les métiers et les compétences
  • Positionner le Secrétariat Général comme chef d’orchestre ministériel sur l’IA.

Franchement, l’UNSA est en accord avec ses propositions.

Néanmoins, nous avons senti un trouble dans le positionnement du SG sur ces sujets.

Nous n’avons pas eu la possibilité d’avoir le rapport de l’INRIA dans sa totalité, juste un PowerPoint qui résume le rapport.  Pourquoi, s’il n’y a rien a caché ou qui fâche ?

Nous avons eu la sensation qu’il manquait quelque chose ou quelqu’un à ce GT.

N’aurait-il pas fallu, sur un sujet de cette importance,  que la Secrétaire Générale ou le SGA soit présente ?

Nous avons rappelé plusieurs points qui nous semblent incontournables :

  • Le développement de l’IA est soumis à la conformité de l’AI Act Européen qui met en avant la souveraineté des données publiques et la question de l’imputabilité de la décision administrative ( réponse IA / qui est responsable ?)
  • Le ministre David Amiel de la FP et des Finances Publiques a ouvert un cadre de négociations au sein de la fonction publique avec les syndicats.
  • Il a rappelé que l’IA n’a pas pour objet de diminuer le nombre de fonctionnaires,

Pour notre part, l’UNSA Finances demande :

  • l’ouverture d’une négociation sur le développement de l’IA dans nos ministères,
  • la création immédiate d’un registre ministériel des systèmes d’IA (SIA) qui contiennent aussi la liste des métiers concernés,
  • le travail en co-construction de chaque SIA avec les agents et les cadres des services concernés et non des groupes d’experts que nous ne maitriserons pas.
  • Une décision sur l’éthique, c’est-à-dire une charte qui dise comment nous développons et comment nous maitrisons l’IA dans nos deux ministères, quelle sera la place de l’humain dans les processus de travail et de décision.
  • Un travail spécifique sur l’avenir du management avec le développement de l’IA, c’est-à-dire la place et rôle du cadre dans l’évolution des missions et décisions.
  • Un travail sérieux sur la GPEC avec les fédérations syndicales pour préparer l’avenir et informer les agents sur l’évolution de leurs métiers.

Contact

Co-secrétaires départementaux :

Béatrice BIGORNE

Frédéric NYCZKA

Email : unsa.drfip59@dgfip.finances.gouv.fr

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