La confirmation du gel du point d’indice plombe un peu plus le climat social dans la fonction publique

Par Marie Malaterre – 18 septembre 2026

Le gel du point d’indice des fonctionnaires en 2027, annoncé hier par Sébastien Lecornu, provoque la colère des organisations syndicales. Alors que le pouvoir d’achat des agents publics reste sous pression, elles dénoncent une décision qui va alimenter le décrochage salarial mais aussi amplifier la mobilisation prévue le 29 septembre.  

Si l’annonce n’est pas vraiment une surprise, elle suscite de vives réactions au sein de la fonction publique. Dans une interview au Figaro publiée hier soir, 17 septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé les principaux arbitrages de l’exécutif sur le budget 2027, alors que se tenait un séminaire gouvernemental à Matignon à la mi-journée.

À cette occasion, le couperet est tombé. Le point d’indice des fonctionnaires sera gelé l’année prochaine. Une décision qui permettrait, selon Matignon, de “dégager 2 milliards d’euros”. “Nous ouvrirons des discussions avec les syndicats pour éviter que les fonctionnaires ayant les salaires les plus bas ne soient exposés à l’inflation”, a ajouté le Premier ministre.

En pleine préparation de la mobilisation du 29 septembre prochain pour le pouvoir d’achat des agents publics, et des élections professionnelles, les organisations syndicales ne cachent pas leur colère. “Le gel de la valeur du point d’indice depuis 2023 devient complètement improductif et insupportable alors que les prix continuent d’augmenter, une inflation à 2,4 % en août, rien en 2024 ni en 2025 ni en 2026 et maintenant non plus en 2027, nous disons, ça suffit”, s’emporte Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa Fonction publique. Cette décision relève selon lui d’un manque de reconnaissance des agents et de leur engagement. “C’est contre-productif sur le plan économique et sur l’avenir de la fonction publique”, ajoute-t-il.

À travers cette annonce, le responsable syndical voit également un risque de “désamour” des agents publics vis-à-vis de leurs employeurs qui agira sur leur volonté de se mobiliser à la fois pour ce gouvernement, “mais aussi pour le prochain”, estime-t-il.

Du côté de la CGT État, on qualifie les annonces budgétaires du Premier ministre de “scandaleuses”. “Alors que la situation salariale des agents publics est catastrophique, avec 16 % de perte de pouvoir d’achat depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir et 862 000 agents publics sous le Smic, des inégalités persistantes entre les hommes et les femmes, Sébastien Lecornu met le feu aux poudres en annonçant une nouvelle année de gel de la valeur du point d’indice”, estime Christophe Delecourt, co-secrétaire général de la CGT État. La centrale réitère son appel à la mobilisation et, plus loin, à une “grève massive” le 29 septembre prochain.

La CFDT Fonctions publiques juge qu’avec cette annonce, la position du gouvernement est très claire. “Les cartes sont mises sur la table malgré les alertes posées depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, regrette Laure Revel, sa secrétaire générale. Et vu la conjoncture, le décrochage des rémunérations des agents publics ne va pas s’arrêter de sitôt.”

Encourager les indécis

Cette annonce pourrait selon elle finir de convaincre les agents publics qui hésitaient encore à se joindre à la mobilisation du 29 septembre. “Cela peut effectivement être un déclic, ajoute Laure Revel. Au moment où le projet de budget va passer devant la représentation nationale et où des discussions seront encore possibles, espérons qu’elles seront constructives pour la défense de la fonction publique et du service public.” 

Extrait d’un article d’Acteurs Publics / 18 septembre

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