
En regardant les propositions de Sébastien Lecornu pour faire des économies sur le budget 2027, on ne peut qu’être interloqué en s’apercevant du peu de mesures pour réduire l’intervention de l’Etat sur les entreprises.
C’est pourtant 200 milliards qui sont versés aux entreprises par l’Etat dans le cadre de plusieurs dizaines de programmes divers et variés comme par exemple le CICE et ceci sans contreparties sur les emplois, les salaires ou encore sur le maintien des sites de production en France.
Mais cela devient encore plus étrange et révoltant lorsque l’on voit ce qu’en font certaines grandes entreprises.
En 2025, les entreprises françaises du CAC 40 ont versé un montant total record de 107,5 milliards d’euros à leurs actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Ce chiffre marque le franchissement historique du seuil des 100 milliards d’euros pour l’indice phare de la Bourse de Paris.
Les dividendes versés : Ils sont restés globalement stables par rapport à l’année précédente, s’établissant à 72,6 milliards d’euros. Cette stagnation s’explique par un léger fléchissement (-12 %) des bénéfices nets cumulés des entreprises du CAC 40 en 2024 (151 milliards d’euros).
Les rachats d’actions : C’est le véritable moteur de la croissance en 2025. Ils ont bondi de près de 37 % pour atteindre 34,8 milliards d’euros (contre 25,5 milliards en 2024).
Taux de redistribution : Au total, les grands groupes français ont redistribué environ 82 % de leurs bénéfices nets à leurs actionnaires en 2025.
Perspectives et prolongement sur 2026
La tendance à la générosité des entreprises françaises s’est confirmée par la suite. Au deuxième trimestre 2026, la France s’est même hissée au rang de championne d’Europe des dividendes (et 2e mondiale derrière les États-Unis) en distribuant 61 milliards d’euros sur un seul trimestre.
Donc, l’Etat n’a pas 2 milliards à mettre dans la revalorisation du salaire de ses agents publics mais continue de verser 200 milliards aux entreprises dont certaines, les plus grosses, reversent de confortables dividendes à leurs actionnaires.
En pleine préparation du projet de loi de finances pour 2027, l’UNSA lance un appel pour un budget juste fiscalement qui préserve, au minimum, le pouvoir d’achat des ménages, notamment les plus modestes, qui n’ont plus rien à raboter dans leur budget !
D’autres solutions existent pour améliorer le solde des finances publiques, en permettant une plus juste contribution de chacun·e, notamment en réduisant certaines aides publiques aux entreprises et en taxant davantage les plus hauts revenus et patrimoines.